Oncologie et Oxygène

L’Être Humain : une histoire d’Oxygène

Nous sommes majoritairement de l'oxygène

Un être humain est composé de :

  • 65% d’O² (concrètement, une personne pesant 70kg est composée de 45,5kg d’O²)
  • 18,5% de carbone (13kg pour une personne de 70 kg) qui constitue le combustible brûlé (oxydé) par l’O² pour produire et libérer de l’énergie.
  • 9,5% d’hydrogène (6,65kg pour une personne de 70 kg) qui active l’oxydation et qui joue également le rôle de régulateur en orientant la combustion de manière adéquate (permettant ainsi au corps de ne pas prendre feu !)
  • 3,3% d’azote sous forme de nitrogène (2,3kg pour une personne de 70 kg) qu’ils extraient principalement de l’alimentation et non de l’air
  • 1,5% de calcium (1kg pour une personne de 70 kg)
  • 1% de phosphore (700g pour une personne de 70 kg)
  • 0,4% de potassium
  • 0,3% de souffre
  • 0,2% de chlore
  • 0,2% de sodium
  • 0,1% de magnésium
  • 0,004% de fer
  • 0,00004% d’iode
  • traces de silicone, fluor, cuivre, manganèse, zinc, sélénium, cobalt molybdène et de bore
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Si nous puisons l’essentiel de l’azote qui nous constitue (sous forme de nitrogène) dans l’alimentation, la respiration est notre principale source d’O². Or, celui-ci n’est pas majoritaire dans l’air que nous respirons. En effet, la concentration d’O² dans notre atmosphère terrestre n’est que de 20,8%. Cela signifie que nous avons besoin de faire beaucoup d’effort pour puiser, métaboliser et transporter aussi peu d’O² dans un organisme qui en consomme tant. En effet, afin d’alimenter correctement notre corps, nous avons besoin d’aller chercher environ 400 litres d’O² par jour. Avec une moyenne d’environ 6 cycles respiratoires (inspire-expire) par minute nous avons donc besoin de respirer environ 8640 fois par jour pour rentrer ces 400 litres d’O².

Or, de 20,8% dans l’atmosphère, la concentration d’O² diminue considérablement à mesure qu’elle pénètre dans l’organisme. Elle n’est en effet que d’environ 19% dans l’air inspiré, de 16% dans le poumon, de 15% dans l’air expiré, de 12% dans le sang artériel, de 5% dans le sang veineux et de moins de 4-5% dans tous les autres tissus du corps (surtout dans le colon et le pancréas).  

Le Stress oxydatif

L’O² est à la fois l’un des carburants essentiels de notre vie cellulaire mais également la molécule qui est à l’origine de la production de déchets toxiques pour notre organisme. En effet, des réactions chimiques appelées « oxydation » sont naturellement engendrées par des substances réactives produites à partir de l’O². Les plus connus de ces substances néfastes sont les « radicaux libres » qui sont à l’origine de l’altération du fonctionnement des constituants de nos cellules (notamment de l’ADN) induisant :

  • un vieillissement cellulaire prématuré
  • des maladies comme le diabète, l’hypertension artérielle ou le cancer

Cette production de déchets est favorisée par le tabagisme, l’alcoolisme, la consommation de drogues diverses, une alimentation déséquilibrée, le soleil, l’excès ou l’absence d’exercice physique ou encore le stress (mauvaise gestion de la sphère psycho-émotionnelle, psycho-affective).

Le stress ou une hygiène de vie peu favorable à une bonne oxygénation (tabac, vie urbaine polluée, aucun exercice de respiration favorisant une bonne oxygénation, etc.) fait d’autant plus baisser notre capacité à capter et métaboliser l’O². On parle alors de stress oxydatif, soit l’ensemble des agressions causées aux cellules de notre corps par des molécules dérivant de l’O².

Hypoxémie et Hypoxie

L’O² est transporté essentiellement sous forme combinée (97%) liée à l’hémoglobine. On mesure son taux par la saturation pulsée en oxygène ou SpO², exprimée en %. Dans une moindre mesure, l’O² est transporté sous forme dissoute (3%) dans le plasma et le cytoplasme des globules rouges. On mesure cette concentration en O² dans le plasma par la pression partielle d’O² ou PaO², exprimée en mmHg. A noter que seul cet O² sous forme dissoute est échangeable et utilisable par les cellules.

L’hypoxémie est définie par la baisse de la PaO² (taux d’O² dissout dans le sang) en dessous de sa valeur normale (inférieure à 60 mmHg). Une hypoxémie n’est pas forcément synonyme d’hypoxie tissulaire.

L’hypoxie tissulaire, quant à elle, se définie par la baisse de l’apport d’O² aux tissus.

Mais alors, pourquoi une baisse de la concentration d’O² dans les tissus est-elle problématique ? Pour deux raisons principales.

Oncologie, oxygène et Guolin Qigong​

La première raison est liée au fait que nous savons aujourd’hui, notamment depuis les premiers travaux effectués par le Dr Otto Heinrich Warburg (1883-1970), que les cellules cancéreuses se développent principalement dans un milieu pauvre en O² (anaérobie), c’est-à-en-dire sur un terrain en hypoxie. En d’autres termes, moins il y a d’O², plus les cellules cancéreuses trouvent un milieu favorable à leur développement.

La seconde raison est qu’en terme de thérapie, nous savons désormais que l’hypoxie diminue considérablement l’efficacité des chimiothérapies et des radiothérapies.

Ainsi, que ce soit pour la prévention ou le traitement des cancers, nous avons le plus grand intérêt à maintenir un taux d’oxygénation optimal.

La méthode de qigong de Mme. Guolin repose pour une large part sur une hyperventilation induisant une hyperoxygénation mettant l’accent sur la phase inspiratoire (Xī 吸), d’où la réalisation d’un double inspir (Xī Xī 吸吸) plus tonique que l’expir (Hū 呼) plus relâché. Les études réalisées en Chine depuis les années 80 puis en Occident ces dernières années ont montré que cette respiration spécifique apporte un surplus d’oxygène 8 à 20 fois plus important qu’une respiration normale, permettant alors de faire entrer de plus grandes quantités d’oxygène (Yăng 氧) dans les cellules.

Ainsi, en augmentant la concentration d’O² dans les tissus, nous privons les cellules cancéreuses de tout substrat nécessaire à leur développement. En finalité, on observe deux réactions possibles des cellules cancéreuses :

  • l’apoptose ou autodestruction cellulaire programmée (par suicide).
  • la réversion, à savoir une mutation génique spontanée s’opérant dans l’ADN et permettant un retour à la normale des cellules cancéreuses, notamment par le biais de cellules dites « révertantes ».